Ouest-France / Archives du jeudi 22-09-2011
Dans le cadre de ses activités de soutien à la vie locale, PTL à participé au financement de la statue dévoilée le 22 septembre 2011

L’histoire
La statue commandée par l’association culturelle Pierre Abélard à Sylviane et Bilal Hassan-Courgeau a été dévoilée vendredi dernier, après un chantier mené de A à Z par les artistes, depuis octobre 2010.
Installé sur le site historique Sainte-Anne, le couple mythique Abélard et Héloïse trouve ainsi une place méritée. « Il y a 900 ans, ils venaient au Pallet pour la naissance de leur fils Astrolabe, accueillis dans la demeure familiale, où se situent les restes du donjon. Ils sont là à nouveau, immortalisés dans le bronze », se félicite le président de l’association, Guy Demangeau.
La statue monumentale de 2,30 m représente le couple main dans la main, mais dos à dos pour laisser la place à une troisième entité. « La présence du destin, très important au Moyen-Âge, fait partie intégrante du couple. Le projet philosophique rejoint la sculpture, surtout dans ce lieu ouvert à 360 ° qui permet de donner sur le monde », explique la sculptrice, licenciée en philosophie.
Cette formation a permis au couple de sculpteurs, aux parcours artistiques déjà complets, de transcender leur oeuvre célébrée par les élus et le nombreux public présent à l’inauguration. « Grâce à l’engagement de l’association Pierre Abélard, nous avons enfin une représentation de ce couple au Pallet. Et grâce aux sculpteurs, nous avons une oeuvre remarquable où transparaît l’émotion », souligne le maire, Pierre-André Perrouin.
L’histoire d’amour tragique d’Abélard et Héloïse les a rendus célèbres. Née en 1095, Héloïse poursuit ses études vers 1115 à Paris, avec un précepteur engagé par son oncle Fulbert, chanoine de Notre-Dame-de-Paris. Ce professeur n’est autre que le philosophe, Pierre Abélard, né en 1079 au Pallet. La passion, qui unit alors l’élève et le maître, déchaîne la colère de Fulbert. « Une nuit, pendant l’absence de son oncle, je l’enlevais ainsi que nous en étions convenus et la fis passer sans délai dans ma patrie, où elle resta chez ma soeur jusqu’au jour où elle donna naissance à un fils qu’elle nomma Astrolabe », écrit Abélard dans son Historica Calamitatum. De retour à Paris en 1118, le couple reçoit la bénédiction nuptiale dans l’intimité, afin d’éviter un scandale. Mais Fulbert la révèle au grand jour et Abélard place Héloïse dans un couvent pour la protéger de son oncle. Celui-ci le prend pour une répudiation et envoie des hommes punir Abélard, en le castrant. Héloïse prend alors le voile, devient prieure du monastère d’Argenteuil puis abbesse du couvent du Paraclet (Aube), où elle meurt en 1164. Entré également en religion, Abélard se rend célèbre comme théologien, dont les travaux irritent les autorités ecclésiastiques. Réfugié au prieuré de Cluny, il y décède en 1142. Les restes du couple reposent ensemble depuis juin 1817, dans un mausolée du Père-Lachaise à Paris.